Réforme ARE 2025 : ce que les créateurs d’entreprise doivent absolument savoir

Réforme ARE 2025 : ce qui changePortée par un objectif de rationalisation budgétaire et d’incitation au retour rapide à l’emploi, la réforme de France Travail introduit plusieurs ajustements majeurs qui affectent directement les porteurs de projet et les droits chômage 2025.

Cette article est valable pour toutes les création ou reprises d’entreprises intervenant à compter du 1er Avril 2025.

Les changements clés de la réforme ARE 2025 pour les créateurs d’entreprise

Voici les principales nouveautés à retenir 👇

Plafonnement du maintien de l’ARE à 60 % des droits restants

Lorsqu’un demandeur d’emploi crée ou reprend une entreprise, il ne peut désormais percevoir que 60 % de ses allocations restantes. Les 40 % restants ne sont versés qu’en cas de cessation d’activité ou sur décision exceptionnelle de l’Instance Paritaire Régionale (IPR).

source : BPI france

Mensualisation sur une base de 30 jours

Quelle que soit la durée du mois, l’ARE est désormais versée sur une base fixe de 30 jours. Les journées « perdues » des mois de 31 jours sont reportées à la fin du droit, ce qui modifie la perception immédiate des indemnités.

Conditions renforcées pour le versement de l’ARCE

 Le second versement de l’ARCE (capitalisation de l’ARE pour création d’entreprise) est désormais conditionné à la poursuite effective de l’activité indépendante et à l’absence d’embauche en CDI à temps plein.

Source : Legifiscal 

Pourquoi la réforme ARE concerne les créateurs d’entreprise ?

Jusqu’ici, le maintien de l’ARE représentait un levier puissant pour sécuriser un démarrage d’activité. En limitant ce filet de sécurité, la réforme pousse les futurs entrepreneurs à repenser leur stratégie de financement initial, leur statut (auto-entrepreneur vs société), et leur plan de charge.

Elle touche également les professionnels en reconversion, souvent dépendants d’un minimum d’allocations pour tester leur activité sans pression immédiate sur les revenus. Ce changement structurel oblige à anticiper davantage la viabilité du projet dès sa conception.

Décryptage de la reforme are : avantages et limites pour les créateurs d’entreprise

Si la réforme ARE 2025 modifie en profondeur le quotidien des créateurs d’entreprise, elle n’est pas exempte de nuances. Derrière les titres alarmistes, certaines mesures peuvent être interprétées comme des leviers d’ajustement plutôt que des sanctions. Décryptage.

Les points positifs

  • Un encadrement budgétaire renforcé

: Cette réforme vise à limiter les abus et à recentrer l’allocation sur sa mission première : accompagner un retour rapide à l’emploi. Cela permet de garantir la pérennité du système pour tous.

  • Une meilleure lisibilité des droits avec la mensualisation 

Le passage à une base de 30 jours permet une uniformisation des versements, simplifiant la gestion administrative des bénéficiaires. À long terme, cela pourrait offrir une meilleure visibilité sur la durée totale des droits.

  • Une incitation à la viabilité rapide du projet entrepreneurial

: En limitant le maintien des allocations, l’État pousse les créateurs à valider rapidement leur business model, à professionnaliser leur approche dès les premières phases du lancement.

Les zones de flou ou d’inquiétude

  • Moins de souplesse pour les porteurs de projet

: Le plafonnement à 60 % limite significativement la marge de manœuvre financière au démarrage d’une activité, période souvent marquée par des revenus faibles ou irréguliers.

  • Un accès plus complexe à l’ARCE

La réforme introduit une incertitude pour ceux qui choisissent cette option. En effet, le second versement étant conditionné à la poursuite de l’activité et à la non-reprise d’un CDI, certains profils (reconversion, projets hybrides) pourraient se retrouver pénalisés.

  • Des risques accrus de précarisation

: Pour les demandeurs d’emploi qui se lancent dans l’entrepreneuriat par nécessité plus que par vocation, la réduction du soutien ARE peut accentuer leur vulnérabilité financière.

 

Comment sécuriser son projet de création d’entreprise en 2025 ?

Face à la réforme de l’ARE, les créateurs d’entreprise doivent faire preuve de stratégie et d’anticipation. Plusieurs solutions existent pour limiter les risques et adapter son projet aux nouvelles règles.

Stratégies pour bénéficier de l’ARE en tant que créateur d’entreprise

Opter pour le maintien partiel de l’ARE plutôt que l’ARCE

Dans de nombreux cas, conserver le versement mensuel de l’ARE (même plafonné à 60 %) reste plus souple que de choisir le versement de l’ARCE, notamment si l’activité met du temps à générer des revenus stables.

 

Étaler sa création d’entreprise

Il est parfois judicieux de décaler le dépôt officiel de création afin de bénéficier plus longtemps du plein droit à l’ARE. Attention toutefois à respecter la légalité (notamment les règles Pôle Emploi).

 

Choisir un statut adapté à ses besoins

Auto-entreprise, SASU, portage salarial… chaque statut a ses avantages en fonction du niveau de risque, des charges sociales et des droits chômage maintenus. Il est crucial de se faire accompagner par un expert.

 

Préparer (encore mieux) son projet entrepreneurial en amont 

La réussite d’un projet tient en grande partie à sa préparation : définir son modèle économique, faire un prévisionnel financier, avoir un plan d’action commercial précis… Vous avez besoin de vous faire accompagner ? => Formation à la création d’entreprise avec Ça Des Boîtes

 

FAQ – Réforme ARE / ARCE 2025 : ce que vous devez savoir


1. Puis-je encore toucher 100 % de mes droits ARE si je crée mon entreprise  ?

Non. Depuis le 1er avril 2025, le cumul des revenus d’activité et des allocations ARE est plafonné à 60 % des droits restants. Cela signifie que vous ne pouvez plus percevoir l’intégralité de vos droits.

👉 Exemple : s’il vous reste 10 mois de droits au moment ou vous créez votre entreprise, vous pourrez bénéficier d’un maximum de 6 mois de droits (60%)

👉 Exception : Si vous avez épuisé les 60% d’ARE et si vous n’avez pas tiré de rémunération de votre activité non-salariée, vous pourrez solliciter auprès de l’instance paritaire régionale (IPR) de France Travail, la possibilité de bénéficier de ce cumul d’ARE (reliquat de 40% restant) jusqu’à l’épuisement de vos droits, dans la limite du délai de déchéance de ces derniers.


2. L’attestation de non-rémunération suffit-elle pour obtenir les 40 % restants ?

Non, malheureusement. Même avec une attestation de non-rémunération, vous ne pouvez plus récupérer les 40 % restants au-delà du plafond mensuel de 60 %.

Pour bénéficier des 40% restants il existe seulement 2 possibilités :

  • Soit arrêter définitivement votre activité non salarié
  • Soit solliciter l’instance paritaire régionale (IPR) de France Travail si vous n’avez pas tiré de rémunération de votre activité non-salariée Attention, cette demande reste une exception et les critères de validation de l’IPR ne sont pas encore connus

3. Que se passe-t-il si je reprends un CDI à plein temps pendant mon activité ?

Si vous avez opté pour l’ARCE (capital versé en 2 fois), le deuxième versement de 45 % ne vous sera versé que si vous ne reprenez pas de CDI à temps plein. Si vous retrouvez un emploi salarié à temps plein entre-temps, vous perdez cette seconde moitié.

👉 Il est donc essentiel d’anticiper votre stratégie de revenu et votre choix entre ARE mensuel ou ARCE en capital.


4. Puis-je arrêter mon activité et reprendre mes droits ARE ?

Oui, mais attention : pour réactiver vos droits ARE, vous devez cesser totalement votre activité entrepreneuriale. Cela implique :

  • radiation du registre (INSEE, RCS…),
  • arrêt effectif de toute activité commerciale,
  • justificatifs à fournir à France Travail
  • Si vous êtes en micro-entreprise, la simple déclaration d’un chiffre d’affaires nul ne suffit plus. La cessation doit être formelle.

 

En anticipant les effets de la réforme, en évaluant précisément son budget de démarrage et en s’appuyant sur les bons interlocuteurs, il est tout à fait possible de se lancer sereinement en 2025, même dans un cadre législatif moins favorable.

Créateurs d'entreprise : ce que la réforme ARE 2025 change pour vous